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La remorque est assurément le parent pauvre du programme "bateau
transportable". Alors que le voilier qu'elle supporte
vaillamment sur son dos est bichonné, admiré, cajolé, la
remorque est le plus souvent délaissée et méprisée. Pourtant,
elle fait bien partie de l'équipage et on se doit de lui montrer
un peu d'égards si on souhaite qu'elle nous véhicule sans soucis
d'un bassin de navigation à un autre.
Que vous veniez d'acheter une remorque neuve ou d'occasion
considérez que vous venez d'acheter un "kit roulant", et
apprêtez-vous à reprendre tous les réglages et à contrôler tous
les assemblages : géométrie, freins, feux, galets, attelage.
Dans les chapitres suivants nous ferons le tour de tous ces
points.
La plupart des conseils sont "du vécu". Certains ont été
aimablement apportés par Jean-Claude Piquard, grand adepte de la
formule du voilier transportable. D'autres précisions ont
aussi été apportées par le net. Bien sûr, vos
remarques, critiques, suggestions et conseils sont les
bienvenus. Que cette lecture vous soit profitable !

choix du matériel
- Cassante ou pas ?
Pour avoir choisi
cette option sur ma dernière remorque je peux vous assurer que
ce n'est pas un gadget commercial ! Avec un timon cassant la
mise à l'eau et le chargement sont nettement facilités. Si
possible, optez pour un timon en V, qui sera plus rigide qu'un
timon droit.
- Essieu rigide
ou roues indépendantes ?
Votre sécurité et
votre confort seront nettement améliorés en tractant une
remorque à roues indépendantes plutôt qu'un essieu à barre de
torsion : la tenue de route est nettement supérieure (ce qui est
flagrant en roulant à vide), d'où confort et, surtout, sécurité.
- Roues
Si le constructeur
vous en offre le choix choisissez des roues du plus grand
diamètre possible.
- Patins de
calage.
Les patins de
calage montés sur vérin sont le plus souvent en option. Ils
améliorent cependant nettement le calage de la coque et
répartissent au mieux l'appui de la coque, limitant ainsi ses
déformations.

Construire sa remorque
On peut parfaitement construire sa remorque, d'autant plus que
toutes les remorques ne sont en fait que des assemblages
d'éléments relativement standardisés que l'on peut se procurer
sans problème, neufs ou d'occasion. Cependant votre construction
devra passer un contrôle de la DRIRE si elle dépasse 500 kg de
PTC. Vous trouverez sur le site
http://www.drire.gouv.fr
tous les renseignements utiles pour construire et homologuer
votre construction.
La remorque point par point
-
Roue Jockey
Pour les remorques de plus de 500 kg,
cet appendice est indispensable. En position route, si vous
laissez votre roue jockey à poste, vous pouvez vous la faire
voler lors d'une pose… Mais surtout, la roue dépasse sous le
châssis de la remorque et vous risquez de la heurter en
descendant un trottoir ou même en franchissant un ralentisseur.
De plus, avec les vibrations de la route, la roue jockey se
desserre de sa fixation, quitte sa position haute et vient
frotter sur la chaussée : bonjour les dégâts ! J'ai finalement
pris l'habitude de l’enlever systématiquement et de la mettre
dans le coffre de la voiture.
- Réglage du poids sur flèche
Les opérations de réglage
commenceront par le réglage du poids sur flèche. On profitera
que la remorque sera posée sur cales et que les roues seront
libérées pour effectuer plusieurs opération de réglage et de
contrôle. Le
bateau chargé, (évidemment !), on règle le poids sur la flèche
en modifiant la position de(s) l'essieu(x) (ou le cadre porteur
dans le cas de roues indépendantes) ou en déplaçant le poteau du
treuil pour avancer ou reculer la charge. En principe, on se
base sur la position du treuil qui définit et impose la position
du bateau, puis on règle la position de l'essieu. C'est en effet
le plus souvent le débattement du hayon (si hayon il y a) qui impose la limite
avant du treuil.
Pour ajuster le
(ou les) essieu(x), on cale le châssis pour libérer les roues et
faire glisser les tubes. En principe, on doit s'y reprendre à
deux ou trois reprises. Une fois que le poids à la flèche est
correct, on contrôle si l'essieu est parfaitement
perpendiculaire au timon, en mesurant très précisément les
distances avant des pneus / axe de l'attelage : elles doivent
être strictement identiques, ce qui n'est pas toujours le cas
sur le matériel neuf. Si l'essieu est de travers la remorque va
rouler en crabe.
Empiriquement, sur sol plat, on doit
estimer le poids à la main, au niveau de la sphère, comme étant
de 40 à 50 kg. Plus précisément, ce poids est en pourcentage du
poids de la remorque chargée, c'est à dire de 5 à 8 % du poids
de cette charge. L'estimation du poids "au pif" est risquée.
N'hésitez pas à utiliser un pèse-personne, en posant la roue
jockey sur une planchette.
- pour une remorque de 500 kg : 25 à 40
kg
- pour une remorque de 1 000 kg : 50 à 80 kg
Ces valeurs varient selon la longueur
de la remorque (plus la remorque est longue, plus le poids peut
éventuellement être faible). Si le poids sur la flèche est trop
faible, vous aurez des effets de raquette très désagréables,
voire dangereux. La remorque oscillera de part et d’autre à
partir de 60 ou 90 km/h, et ce de plus en plus avec la vitesse,
ce qui est très dangereux. De plus, lors des manœuvres à la
main, la remorque peut basculer en arrière dans une montée, et
échapper à votre contrôle. Par contre, un poids excessif écrase l’arrière de
la voiture, le nez de la voiture s'allège, d'où une perte
d'adhérence. De plus, cela rend les manœuvres d’attelage plus
difficiles. Tous ces réglages sont assez pénibles, j'en
conviens, mais ils sont indispensables car chaque bateau est
particulier et le fournisseur de la remorque ne peut prérégler
correctement la remorque qu'il vous livre. Il faut accepter d'y
consacrer une bonne demi-journée, mais après vous n'aurez en
principe pas à y revenir.
Réglage des freins
La qualité des freins des remorques
est bien en deçà de celle des voitures modernes : si le principe
de l'ABS s'est démocratisé sur nos jouets préférés il n'en est
pas de même du mécanisme de freinage des remorques, qui
s'inspire directement d'une philosophie disons… agricole :
simple, robuste, fiable, mais demandant un peu d'attention quant
à son réglage et à son entretien si on veut que cela fonctionne.
Dès l'achat d'une remorque neuve, et
à fortiori de celui d'une remorque d'occasion, il faut
absolument contrôler très sérieusement l'ensemble du système de
freinage : frein à inertie, gaines, mâchoires, frein à main.
Pour cela, profitez de ce que la remorque est sur cales, et
actionnez le frein à main. Faites tourner les roues à vide, le
plus vite possible, et serrez le frein à main : elles doivent se
bloquer d'un coup, puis se débloquer sans effort.
Plus tard, faites un essai sur une
route libre de toute circulation, remorque à vide : en freinant
à fond, les deux roues doivent se bloquer, ce qui se signale par
une petite fumée bleue. Si ce n'est pas le cas, il y a fort à
parier que les freins seront de peu d'utilité lorsque la
remorque sera chargée…
Si vous avez des doutes, démontez les
tambours et contrôlez l'état des mâchoires, leur fonctionnement.
Quant au frein à inertie, il doit serrer dès que la charge
appuie sur l'arrière de la voiture : lors du freinage, en
descente… Le réglage du frein à inertie est à faire tous les
ans. Dès qu'il est mal réglé, au freinage, on sent un léger
à-coup : c’est la remorque qui vient s'appuyer brutalement sur
la voiture.
Pour le réglage, la compression de l'attelage doit se faire sur
2 centimètres maxi avant que les freins entrent en action. Ce
réglage se fait par la lanterne (un filetage à droite et un
filetage à gauche) de la tige de freinage, juste sous
l'attelage. Si le réglage est bon et que les freins freinent
bien, mais que l’à-coup perdure, au freinage comme au démarrage,
il faut changer le petit amortisseur qui est dans l’attelage.
Sur les remorques anciennes, le
freinage à inertie s'oppose à la marche arrière. Il faut le
neutraliser (petit levier sur l'attelage) pendant et uniquement
pendant la marche arrière. Sur les remorques récentes, depuis
environ 1990, la marche arrière est possible : l'attelage se
comprime, actionne les freins qui, en marche arrière, se
débrayent (ce qui signifie que les freins de la remorque sont
inopérants en marche arrière : reculez lentement !).
Attention ! Bien
que les constructeurs garantissent l'efficacité du frein à main
jusqu'à une pente de 18%, le frein peut débrayer en marche
arrière dans une pente montante : la remorque dételée peut tout
à fait repartir en marche arrière dans la descente !!!
Attelage
Sa tête doit toujours être maintenue
propre et parfaitement graissée. Installez systématiquement une
protection sur la boule, ne serait-ce que pour la propreté de
vos pantalons (la classique balle de tennis fait parfaitement
l'affaire !). Le rattrapage de jeu sur la rotule est
automatique. Lorsqu'il est muni d'un dispositif de commande de
frein, il faut veiller au graissage régulier du coulisseau (2
graisseurs situés sur le corps galvanisé ou bichromaté).
Note sur l'ABS. Les
conducteurs de la génération "avant l'ABS" ont appris à freiner
par à coup, afin de ne pas bloquer les roues et partir en
glissade. Avec l'ABS, il faut oublier ce réflexe, et réapprendre
à freiner "bêtement" de suite "à fond", sans chercher à comprendre, et
surtout ne pas pomper afin de ne pas perturber l'électronique du
(nouveau) système.
Châssis et boulonnerie
Les éléments vitaux du châssis
(longerons, corps d'essieux, traverses et ferrures) sont
galvanisés. Cette protection a une durée de vie relativement
longue en atmosphère "neutre" (de 50-60 ans). Elle peut tomber à
10 ans en milieu corrosif. Un aspect terne de la galvanisation
est normal. Il indique que le processus chimique est terminé,
assurant ainsi une protection optimale. A l'exception des vis de
roue, toute la boulonnerie est montée avec des écrous de
sécurité à bague nylon. Ne pas oublier de changer ces écrous
après 2 à 3 cycles "desserrage-serrage" car l'effet "frein" est
notablement diminué après plusieurs cycles de vissage/dévissage,
surtout sur des vis plus ou moins oxydées.
Pneus / Jantes
D'après l'association américaine
Boat
US Trailering Club, les accidents de remorquage sont dans
l'ordre : -
43 % les crevaisons
-
à 20 % les ruptures de roulement
-
à 15 % les pannes sèches
-
le reste se partageant entre les casses d'essieu et de châssis.
Bien que cette statistique reste
étrangement muette quant aux "mises en lacet" (voir plus
bas),
elle a l'avantage de mettre en avant que les roues
(pneumatiques, fixation des jantes, roulements) sont le point
faible des remorques.
Deux raisons
principales à cela : d'une part les qualités de conception et de
construction sont bien en deçà de nos voitures modernes, car
comme nous exigeons tous des remorques au plus bas prix (la
remorque reste le parent pauvre) les constructeurs sont tenus de
fabriquer des engins à minima, et d'autre part nos pauvres
remorques sont le plus souvent négligées, délaissées tout
l'hiver au fond du jardin avant de reprendre du service.
Sur autoroute, on
est quasiment tenu de rouler à bonne allure, au minimum à la
vitesse des poids lourds. Si la remorque est équipée de roues de
faible diamètre, ces dernières tournent très, très vite, d'où un
effort conséquent. Si de plus les pneus, de qualité très moyenne
(ce qui est souvent le cas des petits diamètres) sont usagés,
cuits par le soleil (et la lune !) sont sous-gonflés, que les
roulements ayant goûtés au sel sont plus que fatigués, que les
roues sont mal centrées et non équilibrées (aucun moyen de
contrôle…) et que, ajoutons en une couche, la remorque est
surchargée, c'est la catastrophe programmée.
Les accidents de
remorque sont fréquents et rarement anodins. Lors des migrations
estivales vous remarquerez que nous voyons plus souvent des
remorques en panne (quand tout s'est bien passé) que des
voitures attendant le remorquage, alors que la proportions de
voitures est nettement supérieure à celle des remorques. Mieux
vaut rouler avec des roues légèrement sur-gonflées, de 300 à 400
g, que sous-gonflées : un pneu n'éclate jamais à cause d'un
sur-gonflage, mais toujours en étant sous-gonflé. Prenez le
réflexe de vérifier que les pneus (et les roulements) ne chauffent pas, à chaque
arrêt, après un parcours à vitesse élevée.
Mais cette pression est fonction du
poids de la remorque. Et la plupart des bateaux sont plus lourds
que ce qui est annoncé dans les caractéristiques techniques. De
plus, on charge le bateau avec le moteur, l’ancre, le
pique-nique, etc. … Il est donc impératif de peser la remorque
avec le bateau en ordre de marche (les poids publics ont
quasiment disparus, mais les marchands de matériaux acceptent de
vous faire une pesée, souvent gratuitement). Fréquemment, on se
retrouve avec un poids supérieur à ce que l’on pensait, parfois
même au-dessus de la charge autorisée de la remorque. Il faut
également vérifier que les pneus peuvent supporter cette charge.
Les pressions sont souvent élevées,
entre 2,8 et 3,5 bars. En un mois, vous pouvez perdre 0,3 bars
sur une roue, ce qui est suffisant pour chauffer puis éclater
sur autoroute. Pour le gonflage des pneus, Michelin donne les
conseils suivants pour les remorques:
| Dimensions
|
bar |
Dimensions |
bar |
Dimensions |
bar |
Dimensions |
bar |
| 3.50x8 |
2.5 |
145x10 |
2.2 |
165/70x13 |
2.5 |
175R14C |
3.8 |
| 4.00x8-4PR |
4.0 |
135R13T |
2.3 |
165R13T |
2.5 |
185R14C |
4.3 |
| 4.00x8-6PR |
5.0 |
145/70R13 |
2.5 |
175/70x13
|
2.5 |
195R14C |
4.5 |
| 4.00x10-4PR |
3.5 |
145R13T |
2.5 |
175R13T |
2.5 |
155/70x12 |
6.2 |
| 4.50x10-4PR |
3.5 |
155/70R13 |
2.5 |
185/70x13 |
2.5 |
19x400C |
4.7 |
| 5.00x10-8PR |
5.0 |
155R13T
|
2.5 |
165R14CR |
3.8 |
|
|
La pression de
gonflage de référence est 2,5 bar pour pneus standard et 3.0 bar
pour les pneus renforcés. Pour les remorques qui travaillent
souvent à la limite de capacité de charge des pneumatiques, il
faut augmenter la pression de référence de 0,5 bar c'est-à-dire
pour des pneus de tourisme standard : 2.5 bar + 0.5 bar = 3 bar
et pour des pneus renforcés: 3.0 bar + 0.5 = 3.5 bar.
Toujours changer
les deux (ou quatre) pneus après un maximum de 6 ans, même si le
profil est encore bon, car les pneus se déforment lors des
longues périodes de stationnement, ce qui est en général le cas
avec une remorque qui ne roule qu'occasionnellement. Des petites
fentes près du bord de la jante sont un signal de faiblesse à ne
pas négliger. Il est recommandé de monter des pneus renforcés (reinforced)
et de respecter les indices de vitesse et de capacité de charge.
Lors du remplacement des pneus, veillez à ce que le
professionnel vous monte des pneus aux définitions strictement
identiques.
Exemple:
Indice de vitesse
F = 80 km/h
J = 100 km/h
Q = 160 km/h
T = 190 km/h
Capacité de charge par pneu
91 = 615 kg
93 = 650 kg
95 = 690 kg / etc.
Montez évidemment des pneus identiques, que ce soit en modèle ou
en niveau d'usure, et ne montez jamais des chambres à air sur
des "tubeless". Choisissez des roues du plus grand diamètre
possible si le constructeur vous offre le choix, et contrôlez la
pression des pneus régulièrement. Une astuce consiste à indiquer
bien lisiblement la pression requise sur les garde-boue : c'est
fort utile lors du gonflage, mais c'est surtout un rappel
efficace au bon souvenir des pneus !
Régulièrement aussi, calez la remorque sur plots et contrôlez les
roulements : il ne doit pas y avoir de jeu, ou très, très peu.
Une paire de roulement n'est pas très onéreuse, et se remplace
rapidement.
Azote. Après enquête, les avantages du gonflage à l'azote ne
seraient pas à la hauteur du coût.
Jantes
Prévues pour de fortes charges, les jantes de remorque sont
spécifiques : ne pas utiliser des roues de voiture ! De plus, il
faut veiller lors d'un remplacement ou de l'achat d'une roue de
secours à bien obtenir le même type de pneu. Non seulement quant
aux dimensions (Exemple 185/70 x 13), mais aussi en ce qui
concerne les indices de charge et de vitesse.
Pour des raisons de précision, les jantes ne peuvent être
galvanisées à chaud (problèmes de surépaisseurs). Malgré une
couche d'apprêt, une couche de laque époxy interne et deux
externes, toute immersion peut entraîner une oxydation rapide
(en particulier à la jointure de la jante et de son voile).
Electricité
L'électricité est le parent pauvre des remorques. Les
constructeurs manquent furieusement d'imagination, ou bien sont
fatalistes, ou conservateurs (ce qui revient un peu au même…).
Les connexions des remorques ne sont vraiment pas
adaptées à l'usage qui les attend : manque d'entretien, sel,
vibrations, traction sur la prise, chocs… Il faut donc tout
reprendre, tout contrôler, et apporter quelques améliorations.
Conseils. On peut fixer la plaque sur le tableau du bateau et la
relier directement à la voiture : la plaque est ainsi très
visible et on peut aisément la ranger dans la voiture lorsque la
remorque est sur parking.
Il faut reprendre toutes les connexions, les saturer de WD 40 ou
autre produit désoxydant. La nature ayant horreur du vide, on
bourrera l'intérieur des prises de graisse spéciale : ainsi,
elles ne se rempliront pas d'eau dans la première flaque (salée,
cela va de soi !).
Si les feux de la remorque ont un comportement aberrant (les
stops allument les clignotants ou réciproquement), c’est
peut-être un problème de masse, ou un branchement incorrect.
Pour la prise électrique 7 broches les branchements obéissent au
code suivant :

| 1 |
Jaune |
|
Clignotant gauche |
| 2 |
Bleu |
|
Feux de brouillard |
| 3 |
Blanc |
|
Masse |
| 4 |
Vert |
|
Clignotant droit |
| 5 |
Brun |
|
Lanternes droites |
| 6 |
Rouge |
|
Stop |
| 7 |
Noir |
|
Lanternes gauches |
Sur certains véhicules un peu anciens ou étrangers, il faut
relier dans la prise remorque les bornes 5 et 7.
Astuce : assurez la
liaison prise mâle / prise femelle par un sandow.
(photo en attente)
Entretien / hivernage
Abandonner sa remorque en fin de saison sans rinçage ni
entretien sérieux, déboucherait les beaux jours revenus sur un
blocage complet du train de roues ou une absence totale de
freinage. Les freins craignent particulièrement l’eau salée,
principalement les câbles de frein qui rouillent et se bloquent
en quelques mois. C’est la raison principale pour ne jamais
mettre les roues d’une remorque freinée dans l’eau. Les câbles
dans les gaines, les cames, les mâchoires et les ressorts sont
plus fragiles à l'oxydation que les roulements. Toute
utilisation en milieu salin (eau de mer, route salée l'hiver)
sans rinçage à l'eau douce entraînera un blocage rapide du
système.
Une remorque demande un minimum de préparation pour passer la
mauvaise saison. Calez-la sur des plots, enlevez ou protégez les
roues (vol, soleil), dessalez l'ensemble au jet d'eau, couvrez
le treuil, graissez les rouleaux, traitez chaque point de
rouille (Rustol et anti-rouille), relâchez les freins et saturez
les feux de WD40 ou autre produit désoxydant.
Equipement
La remorque doit être équipée de :
-
sa roue de secours. En principe elle est fixée sur le châssis.
Prévoir un cadenas dans ce cas.
-
un triangle de pré-signalisation (celui du véhicule suffit)
-
des ampoules de rechanges. Contrôler si celles de la boîte de la
voiture correspondent.
Types ampoules
Lanterne+Clignotant Double filament12 v / 5 W
Stop 12 V / 21 W
Feu de brouillard 12 V / 10 W
Feu de gabarit 12 V./ 5 W
-
Un cric, en principe non livré par le constructeur. Si vous
comptez utiliser celui de la voiture, vérifiez si ce dernier est
adapté : certains crics sont spécifiques au véhicule et ne
peuvent pas être utilisés pour lever une autre charge. Dans ce
cas, achetez un cric "losange" dans une casse. Parenthèse
concernant le cric : prévoyez une plaque (CP de 20 de 200 x 200
par ex.) pour le poser si vous êtes sur sol meuble.
- Il faut impérativement qu’il y ait
un dispositif de sécurité sur l'attelage. Pour les remorques non
freinées, une chaîne est fixée entre la remorque et l’attelage
de la voiture avec un cadenas, côté voiture. En plus de la
sécurité sur route, le cadenas fait antivol à l’arrêt. Pour les
remorques freinées, un petit câble est fixé à l’attelage de la
voiture. En cas de rupture de l’attelage, le câble serre le
frein à main de la remorque avant la rupture : la remorque n’est
plus guidée par la voiture, mais elle s’arrête (ou est censée
s'arrêter…) par son propre frein à main. Puisse cette situation
ne jamais nous arriver...
-
Prévoyez un antivol. Plastimo en commercialise un qui obture la
sphère d'attelage et qui semble efficace. Une chaîne style "anti-vol
deux roues" est aussi dissuasive, mais il faut trouver un point
d'ancrage immédiat, ce qui n'est pas toujours possible. Si vous
laissez la remorque attelée, pensez à la cadenasser avec ce
genre d'antivol.
Pour ma part, si je dois laisser la remorque plusieurs jours en
un lieu peu sûr, je prends le temps de poser la remorque sur
cale et d'enlever les deux roues. Ce qui ne me dispense pas de
cadenasser le châssis… Une autre astuce confiée par Jean-Claude Piquard consiste à percer la sphère et à y poser un
cadenas. Certainement très dissuasif !
Chargement / Arrimage
Centrez au mieux les poids, aussi bien en longitudinal qu'en
latéral, afin de ne pas modifier le poids sur la flèche. A
l'idéal, toute la charge devrait se situer quasiment sur l'axe
des roues afin de respecter le poids sur la flèche : ainsi, la
conduite serait idéale et la tenue de route sans surprise. Dans
la pratique c'est impossible, mais on peut cependant s'arranger
pour disposer le maximum d'équipement sur l'axe de l'essieu le
temps du transport, voire la roue de secours si l'on est un peu
perfectionniste, et/ou que l'on s'apprête à un long voyage.
Sanglez fermement votre bateau, qui doit faire corps avec sa
remorque, et ce même pour de courts trajets. Attention aux
(mauvaises) habitudes, car le danger est toujours présent, on ne
peut s'en faire un copain… Vous pouvez fort bien étudier un
système de sanglage ad-hoc, rapide à installer et ne blessant ni
le pont ni le taud.
Suggestions de Jean Louis DALLOZ Président de l'AS
Maraudeur
www.asmaraudeur.com
...Abaisser le centre de gravité de l'ensemble tracté.
Les remorques à chemin de roulement axial présentent souvent
des rouleaux
en position haute, dépassant nettement le niveau de l'essieu.
Je me suis demandé souvent pourquoi, car même avec des dériveurs
intégraux
ou des carènes motonautiques, c'est totalement inutile.
J'ai inversé leur position, et abaissé le bateau d'une dizaine
de cm !
C'est énorme, et cela a des
effets sensibles sur la tenue de route de la remorque et surtout
sur la sortie de l'eau du bateau. Attention : J'ai vu des
abaissements de rouleaux effectués en soudant leurs supports sur
les longerons : Rigoureusement interdit !...

Manœuvres
En marche avant, tout va bien ! Il suffit de penser à
arrondir les virages afin que la remorque ne monte pas sur les
bordures de rond point ou n'embarque pas le premier lampadaire... C'est lors des manœuvres en marche
arrière que tout se complique. Il faut apprendre à manœuvrer à
l'aide des rétroviseurs, et non en se retournant, au risque de
se tordre le cou et surtout martyriser ses lombaires. Une seule solution : s'entraîner, afin que la
manœuvre devienne un réflexe. Sur un
parking de supermarché le dimanche matin, ou sur une petite
route (et seul à bord de préférence !). Une petite astuce : installez
ce petit panneau lors de vos premières manœuvres. Et encore une
fois, il faut que la manœuvre devienne instinctive : moins on
réfléchit, mieux on manoeuvre !

Mise à l'eau
Ne jamais immerger les moyeux : les roulements sont chauds à
cause du transport et en se refroidissant dans l'eau cela crée
une dépression qui aspire de l'eau, et ceci même s'ils sont
garantis "étanches". Ceux qui le font sont nombreux, mais ils ne
font en général que peu de route, juste de leur maison au port.
Si vous souhaitez pouvoir faire de la route, vous rendre sur
différents plans d’eau, il faut préserver votre remorque,
d’abord vos freins, mais aussi les roulements, les jantes, le
châssis, sans oublier la câblerie qui est aussi vulnérable que
les roulements.
Si vous êtes seul, vous pouvez frapper un bout sur l'anneau de
remorquage puis l'attacher à l'arrière de la remorque. Une fois
le bateau à l'eau, remontez la remorque attelée de quelques
mètres (prenez vos repères) et hissez en même temps le bateau
sur le slip. Avec un peu d'habitude (opérez seul les premières
fois, le matin de très bonne heure…) vous constaterez qu'en
procédant ainsi la mise à l'eau peut être très rapide. A noter
qu'une remorque dite "cassante" permet de mettre à l'eau bien
plus aisément qu'une remorque fixe.
En prolongeant la sangle par un palan frappé à l'œil de
l'étrave, et en commandant ce palan depuis le timon, on double
la force du treuil.
Collez un bout de mousse en bout de plaque (et peut être aussi
sur les garde-boue) pour éviter de se couper les mollets lors
des manipulations.
Jean-Claude : J’ai vu plusieurs fois des attelages complets
partir à l’eau, voiture comprise ! En effet, lorsque le bateau
descend (ou remonte) de la remorque, il y a un moment où presque
tout le poids du bateau est sur l’arrière de la remorque, ce qui
a comme effet de soulever l’arrière de la voiture. Or la plupart
de nos voitures ont le frein à main sur l’arrière. L’arrière de
la voiture étant soulevé, plus de frein et tout part dans l’eau,
avec même des risques physiques pour les personnes qui sont
autour de la remorque.
Donc, pendant la manœuvre du bateau dans la cale de mise à
l’eau, frein à main, moteur arrêté et 1ère vitesse enclenchée.
Je vois pourtant une voiture sur deux qui a son moteur en marche
(donc vitesse débrayée) pendant la manœuvre du bateau !
Atteler sa remorque.
Lors d'un déplacement, m'étant arrêté sur le bas côté et m'étant
suffisamment embourbé pour ne plus pouvoir tracter la remorque,
j'ai dételé celle-ci (vide) et ai tenté de la tirer sur la route en
l'agrippant par la poignée de la roue jockey. Cette dernière
ayant cédé brutalement, je me suis trouvé projeté au milieu de
la chaussée, fort heureusement libre à cet instant… Depuis,
j'installe systématiquement une sangle de traction sur chacune
des remorques que je suis amené à manipuler !
Peut-être y aviez-vous déjà pensé, mais il m'est venu une astuce
récemment, alors qu'un lumbago m'avait rendu fort économe de mes
efforts. En effet, comment reculer lorsque l'on est seul, "pile-poil"
jusqu'au niveau de la sphère d'attelage, sans endommager le
pare-choc ni manœuvrer la remorque ne serait-ce que de quelques
cm ? - approchez sans risque la boule d'attelage jusqu'à environ 30 à
40 cm
-
mesurez la distance axe boule / axe sphère
-
positionnez deux tasseaux selon cette distance, le premier en
butée contre l'arrière du pneu de la roue avant, côté conducteur
-
ôtez le premier tasseau
- baissez votre vitre, observez votre roue et reculez en butée
contre le deuxième tasseau. La boule d'attelage sera alors pile-poil sous sa co-équipière
: vous n'aurez plus qu'à descendre la sphère !
(Photo en attente)
Sangle ou câble ?
Jean Louis DALLOZ
: Sangle de treuil
:
Je l'ai abandonnée, et je suis revenu au bon vieux câble.
Raisons :
Elle est extensible, et occasionne une remontée saccadée du
bateau sur la
remorque.
Du fait de sa composition textile, elle reste constamment
humide, et les
éléments de treuil en contact rouillent immanquablement.
Et le pire, c'est que certaines matières résistent mal aux UV,
et finissent
par casser. Cela m'est arrivé brutalement avec un modeste
Maraudeur, durant
le transport, mais heureusement sans conséquences graves.
Cela se serait produit à la sortie de l'eau, il y aurait pu
avoir un
accident, tant pour les personnes que pour le bateau.
La sangle était de marque Plastimo, et de couleur noire (ce qui
n'arrangeait
rien, sous le soleil d'Espagne, car elle surchauffait...)
J'ajouterai : Si la sangle est plus agréable à
manier que le câble, elle révèle à l'usage deux inconvénients
auxquels on ne pense pas de prime abord : plus elle s'enroule,
plus le diamètre de l'enroulement augmente, et donc plus
l'effort à fournir pour remonter votre voilier transportable
croît, car le rapport de démultiplication est de plus en
plus réduit. Et ceci alors que l'effort à fournir est à son
maximum ! Autre point noir : une sangle "cuite"
cède sans prévenir, bien sûr au plus mauvais moment, avec
les conséquences que l'on imagine aisément.
Quant au câble,
son enroulement ne diminue quasiment pas le rapport de
démultiplication, et sa rupture est annoncée de façon bien
agressive par la venue des gendarmes (brins cassés). Son coût
est aussi moindre que la sangle et son remplacement aisé (ne pas
hésiter à doubler les manchons). Alors, l'usage de la sangle
est-il un vrai progrès ou un simple argument de vente ?
J'attends vos remarques et expériences !
Sur la route…
Conduisez comme si vous rouliez sur la neige, en anticipant plus
que jamais : avec une charge les distances de freinages sont
nettement augmentées ! En descente, surtout en descente,
prudence, prudence ! Si vous deviez freiner en urgence dans une
descente, vous risqueriez fort de mouiller la chemise et "de
faire de l'huile", si tout devait bien se passer… Sinon… En
fait, il faut quasiment réapprendre à conduire, car tout est
différent. C'est en alignant les kilomètres, en étant très
prudent lors des premiers déplacements, que l'on peut rouler
sans fatigue avec une bonne remorque, bien réglée, en sécurité.
Le croisement de poids lourds ou de cars est susceptible de
déstabiliser la remorque à cause de la masse d'air déplacée :
sur route étroite, ralentissez, serrez à droite pour élargir le
couloir. Il en va de même lors des dépassements : on peut être
surpris et sentir comme un flottement, qui peut précéder un
départ en lacet.
Changements de direction et croisements : la largeur de votre
ensemble pouvant dépasser celle de votre véhicule, il faut
penser en permanence à "passer au large" et à ne pas s'engager
dans des croisements hasardeux.
Dépassements : la longueur de votre ensemble ayant souvent plus
que doublé et les capacités d'accélération de votre véhicule
étant diminuées, il faut attendre de "grands espaces" pour
dépasser et surtout se rabattre plus tard et très
progressivement. Et encore attention en vous rabattant après avoir doublé : votre voiture
est passée, mais sa remorque est encore à la hauteur du tracteur
du semi-remorque : danger de queue de poisson !
Écarts : en cas d'obstacles imprévus à éviter, les écarts
éventuels sont beaucoup plus difficiles à négocier.
Freinage :
même dans le cas d'une remorque freinée, les distances d'arrêt
sont plus longues, surtout sur route mouillée
Dans les descentes, tout doux ! C'est la conduite en descente
qui est de loin la plus dangereuse. La remorque pousse et la
mise en lacet vous guette, alors qu'en montée vous ne courez
aucun risque.
Une remorque coupe les virages, en tenir compte par exemple dans
les ronds points
Réglez les rétroviseurs
de telle façon que vous puissiez voir
les roues de la remorque.
Chargez la voiture plutôt que la remorque
Par grand vent, prenez un ris dans la moyenne, voire deux !
Ralentisseurs.
Les calculs de résistance des matériaux relatifs aux éléments de
châssis et de suspension sont effectués avec un coefficient de
surcharge dynamique normal de 2. Mais au cours des tests
"tout-terrain" qui ont été pratiqués avec la plupart des modèles
(avec + 30 % de la charge nominale), il a été relevé des
surcharges dynamiques comprises entre 3 et 4 fois la charge
statique ! Pour préserver le châssis de votre remorque et son
chargement, réduisez considérablement votre vitesse sur les
parcours forestiers, les chemins à ornières et les "gendarmes
couchés"
Le grand danger : le phénomène de la" mise en lacet"
La mise en lacet est la bête noire du tractage de remorque. Elle
peut intervenir en roulant trop vite, dans un long virage, dans
une descente, lors du croisement ou dépassement de poids lourds,
ou si la charge se déplace. La remorque se met à osciller, à
tirer de droite et de gauche, de plus en plus, car il s'agit
d'un phénomène d'oscillation qui ne demande qu'à s'amplifier si
l'on ne fait rien. Explications :
Votre voiture et votre remorque formant un ensemble articulé
(rotule), un phénomène purement physique d'oscillations peut se
déclarer entre les deux véhicules. Ce phénomène peut s'amplifier
en un mouvement de résonance, qui s'amplifie de lui-même, et qui
se traduit par une trajectoire en lacets lorsque l'on atteint la
vitesse critique, vitesse qui peut fort bien débuter à 70 km/h.
Les facteurs déclenchant sont :
-
géométrie mal réglée
-
charge mal répartie : centrer et poser le maximum de poids sur
l'essieu
-
charge mal arrimée : sangler fermement le bateau
-
manque d'appui sur la rotule : on veillera à un appui normal de
50 à 80 kg sur la boule
-
manque de pression dans les pneus
-
souplesse générale de l'équipage : pneus, suspension, timon,
charge mal arrimée…
-
centre de gravité de la charge trop haut : toujours régler la
remorque pour caler le bateau le plus bas possible
-
suspension arrière de la voiture "fatiguée" : procéder au
remplacement des amortisseurs
-
porte-à-faux arrière de la voiture important (grand coffre).
Plus l'essieu arrière de la voiture est éloigné de la sphère,
plus les risques sont grands.
-
souplesse du timon de la remorque. Si possible, comme recommandé
lors du choix d'une remorque, on choisira un timon en V.
-
vent latéral (croisement / dépassement de car ou poids-lourd),
mistral
-
rapport poids véhicule / remorque mal adapté.
En cas d'apparition subite du mouvement de "lacets",
souvenez-vous que vous ne devez JAMAIS freiner brutalement, mais
procéder à un ralentissement progressif. En cas d'apparition
systématique et précoce de ce phénomène (65-75 km/h), il faut
revoir tout votre équipage selon les points énumérés ci-dessus.
Sachez qu'une mise en lacet dans une descente mène
irrémédiablement au tapis, car dans ce cas il est impossible de
remettre l'attelage en traction. Sur autoroute vous remarquerez
qu'une signalisation spécifique au sommet des descentes est
présente pour nous répéter le bien fondé de ces conseils. Alors,
pour rester des nôtres, tout doux, tout doux dans les descentes
! Jean
Claude. L'oscillation de la remorque peut toujours arriver,
par exemple après un dépassement d’un poids lourd lorsqu’il y a
du vent. Le chauffeur inexpérimenté peut avoir tendance à
essayer de rattraper la situation avec le volant. En effet, on a
la sensation que la voiture tire à droite puis à gauche.
Toute tentative de compensation avec le volant aggrave la
situation, avec un risque de perte de contrôle. Il faut au
contraire garder le volant immobile, le bouger à peine, juste
pour rester sur sa piste : c’est l’immobilisme du volant qui
permettra à la remorque de se stabiliser.
Dès que ma remorque oscille, j’ai une astuce : je pose mon coude
sur l’accoudoir pour stabiliser ma main sur le volant. Et
l’accélération ne change rien au problème. Si l’oscillation est
trop forte, levez le pied, voire freinez doucement.
Généralement, le freinage modéré aide la remorque à se
stabiliser en augmentant le poids sur l’attelage.
Utilisation d'un amortisseur de lacet
(par Daniel Conversat)
Je tracte
moi-même un bateau de 7 m, biquilles, posé sur une remorque type
porte-engins : total 3300 kg, en triple essieu : la remorque
dépasse de plus de 1000 kg le poids du véhicule tracteur.
J’ai essayé
plusieurs véhicules tracteurs type 4 x 4 lourds, RANGE ou JEEP,
tous avec les mêmes inconvénients de résonnance sur les lacets à
partir de 90 km/h (pas de résonnance en tangage : merci au
triple essieu) ; en plus léger, même les derniers TOY, c'est
pire...
La solution ne
réside pas dans le changement du véhicule tracteur : il faut
adapter un amortisseur de lacet (et de tangage) sur votre couple
voiture-remorque : c’est schématiquement une grosse lame de
ressort avec une articulation à friction à axe vertical : la
friction stabilise l’ensemble articulé.
accessoires
anglais, en vente chez NARBONNE ACCESSOIRES (et tous ses agents
caravaniers) , environ 250 - 300 Euro, commande par le Web,
fixation sur la platine porte-boule côté tracteur, et sur le
timon de la remorque sur l’autre extrémité, rangeable dans votre
coffre en 30 secondes ! c'est très efficace !
Sans cet accessoire, c’est la trouille assurée, même sur
autoroute ; avec cet amortisseur, vous tenez les 110 km/h
autorisés sur autoroute et vous pouvez même doubler des poids
lourds sans craindre les souffles aérodynamiques
Sécurité
Prendre l'habitude de rouler un ou deux kilomètres, puis de
s'arrêter pour contrôler :
-
le sanglage
-
les feux
-
l'attelage
-
si le frein à main est bien desserré
-
si les roulements ou les tambours ne chauffent pas (un frein
bloqué, ça arrive !)
-
si le mat est bien arrimé
Ballottez la remorque à la main pour un dernier contrôle avant
que la route ne vous reprenne.
Un incident sur la remorque est rarement entendu depuis la
voiture. Par exemple, on continue à rouler avec un pneu crevé.
Parce qu’on ne l’entend pas, on perçoit rarement les vibrations
: j’ai vu une remorque rouler avec un problème à la roue jusqu’à
ce que cette dernière prenne feu ! D’où l’importance d’être
vraiment vigilant à la remorque et à son entretien.
Rouler à vide
Le premier facteur auquel il faut veiller lorsque l'on roule à
vide est le gabarit : si on y pense aisément en charge, il n'en
est pas de même à vide car le poids n'est plus là pour nous
rappeler à l'ordre, surtout si le véhicule tracteur est de bonne
puissance. De plus la remorque est moins visible dans les
rétroviseurs.
A vide, il n'y a pas réellement de soucis de tenue de route ni
de freinage, sauf en cas de coup de frein dans un virage serré. Sur
mes remorques j'installe une "ligne de vie" bien visible entre
l'essieu et la plaque pour signaler aux piétons et cyclistes la
présence de cette dernière : cette précaution est fort utile
lors de la circulation en ville.
Deuxième astuce, déroulez la sangle et bridez-là fermement sur
l'arrière de la remorque. Ainsi, le châssis en tension ne
fouette pas sur les bosses, en se fatiguant et au risque de se
rompre si la longueur de la remorque est importante (cette
précaution devrait à mon avis être recommandée par les
constructeurs).
(Photo en attente)
Cadeau ! : imprimez ce petit encart et collez-le sur le
pare-soleil
|
Chek-list remorque |
| remonter (ou démonter)
roue jockey |
prise électrique |
| roue de secours / crick / plaque |
sanglage |
| plaque immatriculation |
contrôle feux |
| cable sécurité |
frein à main |
Législation
Pour connaître la législation précise je vous conseille d'aller
faire votre marché sur le net. Je ne rappellerai que quelques
points dans ce dossier.
PV : Poids à Vide : poids du véhicule en ordre de marche, tous
réservoirs pleins, roue de secours, outillage livré par le
constructeur, mais sans le conducteur.
PTC : Poids Total en Charge : ( anciennement PTAC : Poids Total
Autorisé en Charge) pour la remorque ou le véhicule, c'est le
poids total que le véhicule est autorisé à afficher sur le poids
public. Il est l'addition de la voiture en ordre de marche et de
sa
charge (passagers et bagages). Ce PTC est indiqué sur les cartes
grises de la remorque et du véhicule.
PTRA : Poids Total Roulant Autorisé. C'est l'addition des PTC de
la voiture et de la remorque. En déduisant le PTRA du PTC de la
voiture on connaît le poids remorquable maximum.
CU : Charge Utile. Différence entre le PTAC et le poids à vide
du véhicule. C'est donc la charge que vous pouvez mettre dans
votre véhicule.
La remorque doit disposer de deux plaques d'identification,
l'une mentionnant le nom du constructeur, le type de la
remorque, le code indiquant l'année de construction et le numéro
d'identification. La seconde plaque mentionne le PTAC, la
surface ainsi que les longueurs et largeurs hors tout. Il
convient de préciser à l'assureur les conditions d'utilisation
de la remorque et s'assurer que l'on est bien couvert.
Si la remorque mesure plus de 1,60 m elle doit disposer de deux
dispositifs réfléchissants rouge à l'arrière et de deux feux de
position blancs à l'avant. Si la largeur dépasse 2,10 m elle
doit avoir des dispositifs réfléchissants latéraux oranges, des
feux de gabarit blancs à l'avant et rouges à l'arrière.
Un rétroviseur droit est obligatoire lorsque la remorque masque
le rétroviseur intérieur ou lorsque la remorque est plus large
que la voiture. Les rétroviseurs additionnels ne doivent pas
dépasser de plus de 20 cm la largeur hors tout de l'attelage.
Le mat ne doit pas dépasser de plus de 1,50 mètres de l'arrière
du bateau et être signalé.
Note : Pour des raisons de sécurité, il est recommandé de
s'équiper de telle façon que les rétroviseur permettent de
contrôler les côtés de la remorque (roues pour l'essentiel).
La remorque doit être freinée si le PTC est supérieur à 750 kg.
et doit avoir sa carte grise.
Le permis E/B est obligatoire si le PTC de la remorque est
supérieur au poids à vide du véhicule et si le PTRA excède 3,5 tonnes.
On se rend compte que le PTRA peut ne pas atteindre 3,5 tonnes
mais cependant limiter la charge tractée.
Le mat ne doit pas dépasser de plus de 1,5 mètres l'arrière du
bateau, et doit être signalé par un chiffon rouge. (attention
aux taureaux !)
Le report de charge
La distinction PR (poids réel) moins PTRA permet de déduire
l'existence d'un « report de charge ».
Lorsque l'on veut tracter une remorque dont le poids excède
celui que l'on obtiendra par la simple différence PTRA moins
PTAC du véhicule tracteur, le report de charge signifie que l'on
va transférer du poids du véhicule tracteur pour le reporter sur
la remorque afin que le poids réel ne dépasse jamais le PTRA.
Exemple :
PTRA indiqué sur la carte grise du véhicule tracteur = 3 t. PTAC
du véhicule tracteur = 2 t. le poids tractable est d'1 t.
Or, je veux pouvoir tracter une remorque d'un PTAC de 1250 kg,
dans le respect de la réglementation.
Le calcul de la différence entre les PTAC de la remorque (1250
kg) et le poids tractable (1000 kg) est de 250 kg.
Ces 250 kilos devront donc être « transférés » du PTAC de la
voiture dont le poids réel (passagers et bagages compris) ne
pourra dépasser 1750 kg (2000 - 250 = 1750).
Mon ensemble ainsi constitué aura un poids réel de 1750 kg plus
1250 kg (1000 kg de poids tractable augmentés des 250 kg
transférés de la voiture) c'est-à-dire 3000 kg correspondant au
PTRA. C'est la charge utile (CU) du véhicule tracteur qui se
trouve réduite, ce qui limitera le poids en passagers et
bagages.
Le permis E/B
Il faut posséder le permis B et passer une visite médicale en
préfecture. Il faut repasser le code si le permis B a plus de 5
ans, être capable d'effectuer une marche arrière sinueuse avec
une remorque dans un temps imparti, et subir une épreuve sur
route avec remorque tôlée d'une tonne de PTC, au gabarit de la
tractrice. Une visite médicale tous les 5 ans pour les moins de
60 ans, puis tous les deux ans au-delà, est nécessaire pour
valider le permis.
Dernier conseil avant d'atteler :
c'est en cas d'accident que vous saurez vraiment si vous êtes en
règle ou pas. Auquel cas, votre assurance ne vous couvrira pas
et vous devrez assurer vous même vos torts. Et si vous devez
payer par exemple une pension à une personne rendue invalide par
votre faute, vous allez "bouffer la grenouille" : vendre vos
biens, etc. Je vous laisse imaginer l'intérêt que vous avez à
rouler en règle...
Ce dossier a été aimablement enrichi par Jean-Claude Piquard
Vos remarques et
suggestion sont les bienvenues
afin de corriger ou d'enrichir ce dossier utile à tous. Tous ces
conseils et indications sont fournis gracieusement par l'auteur
et ne sauraient en aucun cas engager sa responsabilité.
Olivier KOWALCZYK
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