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Les grandes lignes du cahier des charges de
Grain
d'Sel
furent rapidement
jetées sur le papier (ou plutôt affichées à l'ordinateur) car ce
petit voilier transportable naviguait depuis longtemps déjà dans ma tête :
Grain d'Sel
serait
l'évolution logique des 21
Randonnée et
Lémanic sortis des ateliers de la société
KOWEX.

Randonnées en
attente de livraison
Une fois arrêté (croyais-je !), ce cahier des
charges devait être confié à l'architecte.
Chez l'architecte. Un
architecte digne de ce nom n'est pas aux ordres de son client.
Il apporte son talent, son expérience, et bien qu'il tienne à
satisfaire au mieux les souhaits de ce dernier, il apporte
toujours des remarques constructives. Le cahier des charges de
Grain d'Sel a donc dû
repasser son écrit, non sans quelques déchirements ! Et
aujourd'hui je suis plus que jamais convaincu qu'un bon bateau
doit absolument naître de la collaboration d'un architecte et
d'un constructeur.

vos
serviteurs...
Voici donc les grandes lignes des
caractéristiques de ce voilier transportable soumises à la critique de l'homme de
l'art :
-
transportable, ce qui sous-entend pouvant être tracté par
une bonne voiture familiale
-
pouvoir être maté et mis à l'eau par une personne seule
-
permettre à un équipage de deux adultes et deux enfants de
vivre à bord plusieurs jours en totale autonomie (se
nourrir, se laver, dormir)
-
être marin, remonter au près même dans du mauvais temps
-
insubmersible
-
pas de bôme
-
pas de cabine
-
pouvoir passer sur un obstacle sans dommage irrémédiable
-
échouer à plat
-
efficacement motorisé
quel que soit la mer
-
se
construire sans risques, avec plaisir
-
très important, voire essentiel : offrir un plaisir de barre
"jouissif"
-
entretien minimum
transportable Mis à part les
pétroliers géants et les cargos, quasiment tous les bateaux sont
"transportables" ! Mais un voilier de randonnée peut être appelé
à parcourir plus de kilomètres que de miles. La notion de
transportable est donc bien définie : son poids ne devrait guère
excéder 800 kg, sa largeur 2 mètres. Si l'on reste en-deçà de
ces limites, le transport et la mise à l'eau, avec un peu de
pratique, ne requièrent ni force physique ni aptitudes hors du
commun. (remorquage)

la mise à l'eau
est un jeu d'enfant
matage On doit pouvoir bien
sûr mater sans grue, seul, sans risque. Le plus confortable
consiste à mater sur la remorque, en étant très prudent car
tomber d'un bateau sur remorque est moins spectaculaire que
tomber à l'eau mais infiniment plus grave… Le système de matage
est donc spécifique sur un voilier transportable et doit être
étudié avec attention.
vie à bord Pour la vaisselle
et se laver une bassine peut suffire (souvent, au port, on fait
la vaisselle sur le ponton : c'est très "convivial"), mais un
évier fixe est bien utile surtout s'il est à portée de main en
naviguant : pour caser le poisson frais pêché, ranger un objet
dégoulinant, etc. Pour la cuisine, un réchaud camping-gaz monté
sur cardan, installé dans une boîte dont le fond accepte
le contenu d'une casserole renversée sur un coup de gîte et une
glacière "performante" que l'on peut éventuellement transformer
en réfrigérateur. Pour le confort, un WC chimique accessible en
navigant (eh oui…).

le Bloc Central
concentre tous les poids
Pour la nuit (ou la
sieste !) une couchette double permettant à deux adultes de
bonne taille de bien se reposer, sans oublier une petite
"cabine" pour deux enfants qui restera sèche quelles que soient
les conditions de navigation et dans laquelle on rangera les
couchages. Au mouillage, un grand volume clos en toile avec
hauteur sous barrot. Une batterie chargée par l'alternateur du
moteur et/ou un panneau solaire alimentera le pilote électrique,
le GPS, l'électronique.
tente de camping en cours de
construction
être marin Ne pas se vautrer
au près, faire un très bon cap même dans de mauvaises
conditions, bien passer dans le clapot.
insubmersible Tout peut
arriver, même aux marins les plus expérimentés ! Savoir que son
bateau n'ira pas au fond et pourra continuer à flotter, voire à
naviguer s'il se fait remplir par une méchante vague enrichit
sensiblement le plaisir d'être sur l'eau !

Moussage
supérieur de la cabine
plaisir de barre Après tout,
puisqu'on navigue, autant se faire plaisir ! A moins de songer
au multicoque, il est certain que dans ce programme deux quilles
latérales doublées de deux safrans sont ce qu'il y a de plus
efficace (et donc agréable) ! Si à cela on ajoute, en toute
logique, un mat en carbone, des voiles en
Mylar – Pentex, que
l'on centre au maximum tous les poids (d'où l'idée du
Bloc Central)
et que l'on dessine une carène performante, on a réuni tous les
ingrédients d'une recette qui devrait s'avérer succulente !
Grain d'Sel devra (et sera !) être très, très plaisant à
barrer, mais surtout très facile.

Autre avantage
des quilles latérales !
pas de bôme Non ! pas de bôme
! Une latte forcée, passe encore… Mais surtout pas de bôme sur
un canot de cette taille, pour ce programme ! Sécurité et
confort
avant tout !
pas de cabine Une cabine,
c'est un toit, ça rassure ! Mais dans cette taille de bateau,
c'est cher payé pour peu d'avantages… A construire, pas simple.
En devis de poids, peut mieux faire : il faut compter le poids
de cette cabine, et l'additionner à une hauteur de bordé
supérieure afin d'accueillir les couchettes. En navigation,
guère utilisable, et plutôt encombrante. Au mouillage, bien trop
exiguë, surtout pour un couple avec deux enfants.

Il est infiniment plus confortable de
cuisiner debout dans le cockpit, en ayant tout à portée de mains
et en profitant du paysage, que de cuisiner à genoux ou assis,
en humidifiant et en empestant une cabine ! Ah, le fumet du
maquereau frais pêché qui mijote dans la cabine, juste avant la
sieste…

Alors ? Alors, une capote bien conçue
assure une aussi bonne protection au près serré qu'un roof. Au
mouillage, une tente offre un volume sans comparaison avec une
"niche" en dur. Un bateau qui passe toutes ses nuits au
mouillage et dont les grandes traversées ne sont pas au
programme peut fort bien se passer de cabine !
Quant à la sécurité, tout est à
portée de main. En cas de coup dur, on n'a pas à tenter de
pénétrer dans une cabine minuscule et inondée pour rechercher un
improbable matériel.
Capote de navigation
de l'allure Un bateau dont la
silhouette fait l'unanimité n'est ni plus compliqué ni plus
coûteux à construire qu'un bateau au style "passe-partout".
Alors, pourquoi se priver !

tirant d'eau. Le simple fait
de devoir approcher une cale impose un tirant d'eau réduit. De
plus, il faut impérativement que les roues de la remorque ne
s'immergent pas : les roulements et le système de freinage n'y
résisteraient pas ! 40 cm de tirant d'eau est un maximum.
pouvoir passer sur un obstacle
Après de longues (et âpres !) discussions l'architecte et moi
avons finalement opté pour des appendices "fusibles" coulissant
dans des puits indestructibles. Un compromis, certes, mais qui a
fait ses preuves. Quant aux safrans, ils seront pivotants et
s'escamoteront à l'échouage. Comme sur les petits
Randonnées et Lémanic la ligne de quille
sera doublée d'un fer plat en inox qui permettra à
Grain
d'Sel d'être glissé sur un slip sans dommage (pour le fer…).

fer de quille,
de l'étrave au tableau
échouer à plat Calé sur ses
quilles relevées (grâce à un système indépendant)
Grain d'Sel échoue à plat. Pour notre plus grand confort !
confortablement motorisé N'en
déplaise aux puristes, une motorisation efficace ne procure pas
seulement du confort, elle est aussi un facteur de sécurité en
permettant par exemple de regagner plus rapidement des eaux plus
accueillantes ou bien encore de faire un près digne de la Coupe
de l'América pour doubler ce fichu cap derrière lequel se niche
la terre promise… Le moteur doit donc être utilisable quelles
que soient la gîte et la mer (ce qui est impossible avec un
moteur sur tableau ou même en puits sur l'arrière). Où
placer ce moteur afin que son poids participe au confort et à la
sécurité, qu'il soit efficace, discret, qu'il ne perturbe pas
les écoulements ? Au centre, évidemment ! Quasiment tous les
avantages du moteur in-board, la simplicité en prime ! Toujours
pour le confort (et celui de notre planète)
Grain d'Sel
peut être motorisé, comme sur le prototype, par un 4 temps alimenté au GPL : silence,
pollution très réduite, plus d'odeurs d'essence.
moteur dans le Bloc Central (photo
en attente)
gréement Au tiers ? Les
Randonnées et Lémanic étaient gréés
ainsi. Ca marche assez bien, c'est, très, très simple, et en
accord avec une dérive et un safran dans l'axe. Mais c'est
illogique si on fait l'effort de construire un bateau avec deux
quilles et deux safrans. Houari ? Un gréement houari bien conçu
est un excellent gréement : le centre de voilure est situé très
bas, la grand-voile, esthétique, offre une belle surface, et, grand avantage
sur un bateau transportable, le mat peut ne pas dépasser la
longueur du bateau, permettant ainsi un transport et un matage
aisés.

Randonnée
devant Yvoire (Léman)
Pour l'avoir expérimenté il y a longtemps sur un
Chatou (en
cat-boat), puis plus tard sur un
Belouga,
l'idée était tentante, d'autant plus qu'avec un pic en carbone
un des défauts de ce gréement (poids dans les hauts) est
supprimé. Mais le rendement ne serait toujours pas en parfaite
harmonie avec les choix architecturaux. Alors ? Alors
l'architecte a imaginé un mixte de cat-boat et de bermudien. On peut faire un
peu plus simple, évidemment, mais ce n'est pas très cher payé
(si, un peu quand même !) pour un rendement assez exceptionnel :
centre de voilure très bas (j'y tenais !), un excellent
rendement et un prés pointu, une surface confortable pour le
petit temps, la possibilité de naviguer en cat-boat, et une belle "gueule" (ce qui ne gâche rien, comme
on dit !).

un Randonnée
tout dessus
construction sans risques
Investir ses rêves, son temps et son argent avec le minimum de
risques, c'est à dire être guidé du premier acte technique
jusqu'aux premiers bords : c'est le rôle du
Manuel de Construction,
fruit d'un énorme travail, et du site internet, prêt à répondre
à une interrogation imprévue.
entretien minimum Fini les
corvées de peintures et vernis ! Un bateau de randonnée attend
de naviguer sagement à l'abri sous sa bâche. Qui plus est, une construction
époxy ne demande pas plus d'entretien qu'un bateau de série en
polyester et ne craint pas l'osmose.
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